De l'encre dans les veines

Une plume au bout des doigts, un monde derrière la tête...
 
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 L\'Ombre Rubis

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Lumeha
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MessageSujet: L'Ombre Rubis   Dim 9 Nov - 22:20

Je viens de ressortir et retravailler ce texte, écrit en seconde dans le cadre d'un exercice sur Maupassant. Je devais réaliser un pastiche Smile
Je suis sûre qu'elle est à -encore Razz- retravailler, mais je n'arrive pas trop à savoir où elle pèche.

L'Ombre Rubis

Tu n'as peur de rien, tu n'as peur de personne. Sauf de toi-même. C'est la pire de toutes les peurs.
[Yves Thériault]


Mes voyages en Allemagne, ma seconde patrie, sont peu fréquents. Je n'y vais que pour visiter amis et famille, et ce quand j'y suis obligé, ou alors me perdre dans l'immense forêt noire, au milieu de laquelle se trouve le manoir familial, habité par une seule et unique personne, si importante pour moi : ma grand-mère Marie.
Vieille femme dynamique, d'origine normande, c'est aussi l'un des rares membres de ma famille qui ne me considère pas comme un parasite. Sa verve n'épargne personne, à l'exception notable de son mari, mort depuis plus de vingt ans.
Pourtant, la dernière fois où je suis venu lui rendre visite, une chose intrigante, tellement étrange, eu lieu. Et depuis.... Depuis... Vous allez sûrement me prendre pour un fou, pour croire tout ceci. Mais qu'importe. J'ai ce besoin pressant d'écrire, celui de dire la vérité. Celui de soulager mon âme, pourtant vierge de tout crime.
Tout en posant mes valises devant l'immense portail, j'essayais d'imaginer quel genre d'homme avait été mon grand-père. Je savais si peu de chose sur lui, tellement peu que mes connaissances se réduisaient à un grain de sable sur la plage de sa vie.
Ma grand-mère me héla, m'indiquant que le portail était déjà ouvert –comme toujours, en réalité-, et qu'elle m'attendait dans la cuisine. J'entrai donc dans le domaine, traversant l'allée de gravillons, avant d'atteindre la porte d'entrée, et d'accéder au hall. La fraîcheur de la vieille maison de pierre me fit frissonner, tandis que je déposais mes affaires près de l'escalier. L'odeur de ce manoir faisait alors encore partie de mes favorites. Je pouvais y sentir les épices et la verdure, sans une seule trace de la présence obsédante de la Mort.
Mais cette fois-ci, quelque chose me mettait mal à l'aise. Un mauvais pressentiment, qui enserrait ma poitrine, et dont je ne connaissais ni la cause ni la raison. Haussant les épaules devant ma propre bêtise, je rejoignis ma grand-mère qui s'activait alors devant ses fourneaux. Elle s'arrêta bien vite, et nous servit un thé après s'être assise. Son air solennel ne me disait rien de bon.
-Mon petit... soupira-t-elle doucement, presque tristement. Ralph. Dans son testament, ton grand-père exigeait que le descendant qui naîtrait après sa mort hérite de cette bague et de son journal intime. Comme tu es le premier Von Wulf a être né après la mort de mon mari... Un an, jour pour jour... Je dois te les confier. J'aurais préféré ne jamais les retrouver, mais c'est ainsi.
Elle fit glisser sur la table deux épais cahiers dont la couverture de cuir était décorée d'une tête de loup de profil saisissant le « hameçon au loup », le blason de notre famille. Le plus étrange était la bague qui les accompagnait. Le métal de l'anneau était noir et froid, comme s'il avait passé des années dans un bloc de glace ou qu'il avait été béni par la Mort. Un rubis, gros comme l'ongle du petit doigt, était monté dessus, rouge comme le sang. Mais il y avait en son centre une tâche noire, telle une ombre, qui semblait parfaitement naturelle.
-Cette bague s'appelle l'Ombre Rubis. Selon Renato...
-Renato ? la coupai-je, surpris par ce prénom italien que je n'avais jamais entendu jusqu'à présent. Pourtant... il était allemand, non ?
-Mais sa mère était italienne, mon petit. Réfléchis avec ton cerveau, il est là pour ça. Laisse moi continuer maintenant. Selon Renato, donc, cette bague était maudite, attirait le malheur sur son porteur... Malgré tout, il la portait toujours, comme un trésor plus précieux que la prunelle de ses yeux. La réponse se retrouve peut-être dans son journal, Ralph. Mais ton grand-père était très superstitieux, après tout, et avait bien trop d'imagination.
Je pris doucement les deux cahiers, et glissai la bague à mon doigt, tout en sentant l'amertume de ma grand-mère, sans la comprendre.


Allongé sur le dos à regarder le plafond, je songeais. Je me relevai d'un seul coup, tout en fixant ma main et surtout cette bague au nom plus qu'intriguant. L'Ombre Rubis. Tout en soupirant, fatigué de chercher le sommeil, je me saisis de l'un des deux cahiers. Trop de questions restaient sans réponse, flottant aux limites du brouillard de mon esprit. Toutes floues et imprécises, mais bien présentes et obsédantes.
-Allez, Ralph, il n'y a plus qu'une seule solution : la lecture ! m'exclamai-je à voix haute, comme si j'avais besoin de me rassurer.
Peut-être en avais-je eu besoin, car ce fut seulement à ce moment là que j'eus le courage d'ouvrir le journal que je tenais entre mes mains. Les dates étaient pour la plupart illisibles, et sous mes yeux s'étalait une écriture cursive fine et piquante, rédigée avec précipitation.


« Ils arriveront dans quelques semaines. Ils me soupçonnent de cacher –et de nourrir- des résistants. Mais comment ne pas fondre devant ces jeunes étudiants ? Ils sont pleins d'idéaux, et pourtant plein de désillusions et si réalistes. On les sentirait presque amers, si leur combat ne prenait pas tout leur temps.
L'un d'entre eux est si étrange. Un Noir, un jeune homme fin, et pourtant d'une force colossale. Quand je croise son regard, j'ai l'impression de voir celui de quelqu'un habitué à tuer. Tout ceci est néanmoins contrebalancé par la sérénité qui se dégage de lui, comme une aura de lumière qui apaise tous mes soupçons.
Pourtant, j'ai peur. Peur pour eux, pour lui, des nazis, peur de... ça. De ces absences qui m'arrivent de plus en plus souvent. Ces trous qui rongent ma mémoire. Et puis, cet héritage, cette bague m'obsède. J'ai l'impression de la voir pulser d'une lueur maléfique dès que je sens un vide dans mon esprit. Qu'est-ce qui m'arrive ? Suis-je abandonné au Diable lui-même ?


Deux heures du matin. Deux heures du matin, et j'ai encore un de ces trous de mémoire. Que... Un cri résonne dans les escaliers ! Mon regard descend sur ma chemise. Des... tâches de ... sang ? Il faut que j'aille voir ce qui se passe. Que je me change !
Bon sang ! Il faut que je me calme. Me changer, aller voir ce qu'il se passe. Qu'est-ce qui a bien pu arriver?


Je n'y comprends plus rien. Le cadavre d'un des nazis arrivés ce matin était là, dans le hall, baignant dans son sang. Enfin, cadavre... Il est mort quelques minutes après mon arrivée, gémissant et maudissant une ombre enveloppée dans une cape rouge. Un frisson parcourut mon corps, sans comprendre pourquoi.
Ma bague me paraît de plus en plus glacée. Comme si elle était dotée d'une vie propre, elle luit de cette aura si malsaine et si paisible. Où ai-je pu mettre les lettres de mon père à son sujet ? Il faut que je les retrouve. Il faut que je comprenne ce qui se trame autour de tout cela. Autour de ce rubis empli d'ombre et de lumière.
Mais je sais que l'on me soupçonne. S'ils mouraient tous... plus de danger, non ?
Je suis fou de penser ça. De plus, je ne sais pas si... si...
Est-ce moi qui ai tué cet homme ? Mon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? Est-ce moi ou un autre ? Je... Qui suis-je dans cette affaire ?


Plus d'un mois sans trou de mémoire ni meurtre. Pourtant, les quatre nazis qui sont venus restent ici. Je sais qu'ils me pensent coupable, allié des résistants. C'est bien ça qui me fait peur.

J'ai retrouvé tous les documents en rapport avec la bague, l'Ombre Rubis, ainsi que je la nomme désormais, que je ne peux retirer sans un frisson de dégoût. J'ai remarqué cela il y a peu de temps : si je ne l'ai pas au doigt, je suis mal à l'aise. Apparemment, mon père subissait le même symptôme... Pourtant ce n'est pas une maladie, cela, j'en suis certain. Cette bague serait le symbole de notre famille, du moins du côté de ma mère, car mon père l'aurait reçue en cadeau de cette dernière.
Connaissant ma mère, cette bague devait être une protection. Ma mère était superstitieuse... et j'ai malheureusement hérité de ce trait là. J'ai peur. De plus en plus peur. Et si... Si j'étais réellement possédé par cette Ombre Rubis ? Et si j'étais deux, moi, Renato, et l'autre, un assassin sans cœur? Qui suis-je, pitié... Dites-le-moi, qui suis-je... Avant qu'un autre meurtre ne survienne. Avant que je ne devienne fou.
Mais ne le suis-je pas déjà ? J'ai peur. En réalité, c'est même pire que la peur. Ce n'est même pas celle avec une majuscule, non. C'est pire que le serpent qui vous dévore les entrailles, et cela n'a pas de nom. C'est supérieur à la Peur elle-même, c'est même pire que le Diable... Je suis le maudit entre les maudits : je suis tourmenté par ma propre personne !


Hier soir, Zéphyr –du moins c'est son nom de code-, cet étudiant noir, est venu me voir... Je ne sais pas pourquoi, son regard s'était fait encore plus affirmé. Je ne me rappelle plus de quoi il est venu me parler. J'ai encore eu un de ces trous de mémoire, et il y a eu encore un assassinat. Je me suis encore réveillé dans mon lit, les mains tâchées de sang... Est-ce moi ou lui ?
J'ai l'impression d'agir comme une pantin aux mains d'une entité supérieure ou de mon propre esprit. Est-ce le Destin? Est-ce la folie, le Diable ou simplement moi-même?
Je ne peux plus supporter tout cela. Pourtant, je sais qu'il faut que je vive, malgré tout ce qui m'entoure... Je suis seul pour me battre. Seul contre moi-même. Et ce combat est le plus effrayant de tous ceux que je dois mener dans ma vie. Tout mon temps doit y être consacré. Je ne dois pas mourir. Je dois arrêter de me lamenter, d'écrire, de faire ces choses futiles... Je dois m'affronter. Pourtant, j'ai besoin de tout cela. J'ai besoin d'écrire. J'ai besoin, besoin d'essayer de me décrypter. Et je ne peux pas m'arrêter comme cela.
Et tandis que je me torture, que je me dévore moi-même, j'entends les bruits obscènes que mes trois derniers « invités » font, tant ils sont saouls... Ils n'ont même pas remarquer que l'un des leur est mort. Ils ne remarquent rien, ils sont aveugles au monde qui les entoure. Quelque part, ils ne me font plus peur.
Mais reste celle qui me ronge, cette terreur suprême qui reste logée au plus secret de mon cœur.


Les cauchemars envahissent de plus en plus souvent mes nuits. Sans savoir pourquoi, Zéphyr les hante, que ce soit pour m'en sortir ou pour m'y plonger plus profondément. Suis-je... comme lui ? Lorsque je me suis regardé dans le miroir, ce matin, j'ai eu le sentiment de croiser le regard du plus vil tueur que la Terre ait porté. J'ai parfois l'impression que mes mains sont poisseuses de sang, rouge comme le rubis de ma bague. Je lui ressemble de plus en plus... Plein d'ombre et d'écarlate. L'un de mes « invités » m'a déclaré que je m'étais assombris en quelques mois, et il s'inquiéta de ma santé, qu'il pensait déclinante. Cela me laisse encore pensif.
Et cette question me revient sans cesse : qui suis-je ? Je pensais le savoir, il y a encore peu... Je n'avais pas de problème particulier, seul dans ce vaste manoir, aidant quelques résistants perdus. Mais depuis que Zéphyr et les nazis sont arrivés, tout s'effondre. Je perds mes repères un à un. Je me sens nager dans les ténèbres, plonger à même l'obscurité. Je deviens complètement fou. Du moins, je crois que c'est ainsi... Suis-je fou? Qui est fou, ici? Moi, ou tout les autres?
Ce rire... Ce rire qui résonne... Il me fait si... c'est... est-ce moi-même qui rit ?


Je me sens... si mal, si vide. Pourquoi les larmes coulent-elles ? J'ai froid. Taisez-vous ! Taisez-vous, tous ! Cessez... Cessez donc de rire... J'ai peur. Je suis fini, c'est cela ? C'est la fin... de tout... »


Sur la dernière page s'étalait une main ensanglantée, masquant ce qui avait été écrit.
Je ne comprenais pas mon grand-père... Et je ne le comprends toujours pas. Mais désormais, j'ai l'impression de pouvoir toucher du bout du doigt cet être si mystérieux... Je me sens tellement proche de lui, désormais, et coupable en même temps des crimes qu'il a cru -ou fait, qui sait?- réalisé.
Mais il faut que je m'arrête d'écrire. C'est l'heure où je suis sensé prendre mes médicaments. La maladie est quelque chose de dur à vivre...
Surtout quand elle prend racine dans l'esprit même de l'homme.


Dernière édition par Lumeha le Mer 12 Nov - 23:41, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L\'Ombre Rubis   Lun 10 Nov - 21:42

rouge
= orthographe/grammaire


jaune/orange
= répétition


black
= synthaxe


bleu
= expression/style




Lumeha a écrit:
Je viens de ressortir et retravailler ce texte, écrit en seconde dans le cadre d'un exercice sur Maupassant. Je devais réaliser un pastiche Smile
Je suis sûre qu'elle est à -encore Razz- retravailler, mais je n'arrive pas trop à savoir où elle pèche.

L'Ombre Rubis

Tu n'as peur de rien, tu n'as peur de personne. Sauf de toi-même. C'est la pire de toutes les peurs.
[Yves Thériault]

Mes voyages en Allemagne, ma seconde patrie, sont peu fréquents. Je n'y vais que pour visiter amis et famille, et ce quand j'y suis obligé, ou alors me perdre dans l'immense forêt noire, au milieu de laquelle se trouve le manoir familial, habité par une seule et unique personne, si importante pour moi : ma grand-mère Marie.
Vieille femme dynamique, d'origine normande, c'est aussi l'un des rares membres de ma famille qui ne me considère pas comme un parasite. Pourtant, sa verve n'épargne personne, à l'exception notable de son mari, mort depuis plus de vingt ans.
Pourtant, la dernière fois où je suis venu lui rendre visite, une chose intrigante, tellement étrange, eu lieu. Et depuis.... Depuis... Vous allez sûrement me prendre pour un fou, pour croire tout ceci. Mais qu'importe. J'ai ce besoin pressant d'écrire, celui de dire la vérité. Celui de soulager mon âme, pourtant vierge de tout crime.
Tout en posant mes valises devant l'immense portail, j'essayais d'imaginer quel genre d'homme avait été mon grand-père. Je savais si peu de chose sur lui, tellement peu que mes connaissances se réduisaient à un grain de sable sur la plage de sa vie.
Ma grand-mère me héla, m'indiquant que le portail était déjà ouvert –comme toujours, en réalité-, et qu'elle m'attendait dans la cuisine. J'entrai donc dans le domaine, traversant l'allée de gravillons, avant d'atteindre la porte d'entrée, et d'accéder au hall. La fraîcheur de la vieille maison de pierre me fit frissonner, tandis que je déposais mes affaires près de l'escalier. L'odeur de ce manoir faisait alors encore partie de mes favorites. Je pouvais y sentir les épices et la verdure, sans une seule trace de la présence obsédante de la Mort.
Mais cette fois-ci, quelque chose me mettait mal à l'aise. Un mauvais pressentiment, qui enserrait ma poitrine, et je ne connaissais ni la cause ni la raison. ( et dont je ne connaissais ni ...) Haussant les épaules devant ma propre bêtise, je rejoignis ma grand-mère qui s'activait alors devant ses fourneaux. Elle s'arrêta bien vite, et nous (?? lui et la gd mère ?) servit un thé après s'être assise. Son air solennel ne me disait rien de bon.
-Mon petit... soupira-t-elle doucement, presque tristement. Ralph. Dans son testament, ton grand-père exigeait que le descendant qui naîtrai après sa mort hérite de cette bague et de son journal intime. Comme tu es le premier Von Wulf a être né après la mort de mon mari... Un an, jour pour jour... Je dois te les confier. J'aurais préféré ne jamais les retrouver, mais c'est ainsi.
Elle fit glisser sur la table deux épais cahiers dont la couverture de cuir était décorée d'une tête de loup de profil saisissant le « hameçon au loup », le blason de notre famille. Le plus étrange était la bague qui les accompagnait. Le métal de l'anneau était noir et froid, comme s'il avait passé des années dans un bloc de glace ou qu'il avait été béni par la Mort. Un rubis, gros comme l'ongle du petit doigt, étai monté dessus, rouge comme le sang. Mais il y avait en son centre une tâche noire, telle une ombre, qui semblait parfaitement naturelle.
-Cette bague s'appelle l'Ombre Rubis. Selon Renato...
-Renato ? la coupai-je, surpris par ce prénom italien que je n'avais jamais entendu jusqu'à présent. Pourtant... il était allemand, non ?
-Mais sa mère était italienne, mon petit. Réfléchis avec ton cerveau, il est là pour ça. Laisse moi continuer maintenant. Selon Renato, donc, cette bague était maudite, attirait le malheur sur son porteur... Malgré tout, il la portait toujours, comme un trésor plus précieux que la prunelle de ses yeux. La réponse se retrouve peut-être dans son journal, Ralph. Mais ton grand-père était très superstitieux, après tout, et avait bien trop d'imagination.
Je pris doucement les deux cahiers, et glissai la bague à mon doigt, tout en sentant l'amertume de ma grand-mère, sans la comprendre.

Allongé sur le dos à regarder le plafond, je songeais. Je me relevai d'un seul coup, tout en fixant ma main et surtout cette bague au nom plus qu'intriguant. L'Ombre Rubis. Tout en soupirant, fatigué de chercher le sommeil, je me saisis de l'un des deux cahiers. Trop de questions restaient sans réponse, flottant aux limites du brouillard de mon esprit. Toutes floues et imprécises, mais bien présentes et obsédantes.
-Allez, Ralph, il n'y a plus qu'une seule solution : la lecture ! m'exclamai-je à voix haute, comme si j'avais besoin de me rassurer.
Peut-être en avais-je eu besoin, car ce fut seulement à ce moment là que j'eus le courage d'ouvrir le journal que je tenais entre mes mains. Les dates étaient pour la plupart illisible, et sous mes yeux s'étalait une écriture cursive fine et piquante, rédigée avec précipitation.

« Ils arriveront dans quelques semaines. Il me soupçonne de cacher –et de nourrir- des résistants. Mais comment ne pas fondre devant ces jeunes étudiants ? Ils sont pleins d'idéaux, et pourtant plein de désillusions et si réalistes. On les sentirait presque amers, si leur combat ne prenait pas tout leur temps.
Mais l'un d'entre eux est si étrange (le "mais" me g^ne...) . Un Noir, un jeune homme fin, et pourtant d'une force colossale. Quand je croise son regard, j'ai l'impression de voir celui de quelqu'un habitué à tuer. Tout ceci est néanmoins contrebalancé par la sérénité qui se dégage de lui, comme une aura de lumière qui apaise tous mes soupçons.
Pourtant, j'ai peur. Peur pour eux, pour lui, des nazis, peur de... ça. De ces absences qui m'arrivent de plus en plus souvent. Ces trous qui rongent ma mémoire. Et puis, cet héritage, cette bague m'obsède. J'ai l'impression de la voir pulser d'une lueur maléfique dès que je sens un vide dans mon esprit. Qu'est-ce qui m'arrive ? Suis-je abandonné au Diable lui-même ?

Deux heures du matin. Deux heures du matin, et j'ai encore un de ces trous de mémoire. Que... Un cri résonne dans les escaliers ! Mon regard descend sur ma chemise. Des... tâches de ... sang ? Il faut que j'aille voir ce qui se passe. Que je me change !
Bon sang ! Il faut que je me calme. Me changer, aller voir ce qu'il se passe. Qu'est-ce qui a bien pu arriver?

Je n'y comprends plus rien. Le cadavre d'un des nazis arrivés ce matin était là, dans le hall, baignant dans son sang. Enfin, cadavre... Il est mort quelques minutes après mon arrivée, gémissant et maudissant une ombre enveloppée dans une cape rouge. Un frisson parcourut mon corps, sans comprendre pourquoi.
Ma bague me paraît de plus en plus glacée. Comme si elle était dotée d'une vie propre, elle luit de cette aura si malsaine et si paisible. Où ai-je pu mettre les lettres de mon père à son sujet ? Il faut que je les retrouve. Il faut que je comprenne ce qui se trame autour de tout cela. Autour de ce rubis empli d'ombre et de lumière.
Mais je sais que l'on me soupçonne. S'ils mouraient tous... plus de danger, non ?
Je suis fou de penser ça. De plus, je ne sais pas si... si...
Est-ce moi qui ai tué cet homme ? Mon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai bien pu faire ? Est-ce moi ou un autre ? Je... Qui suis-je dans cette affaire ?

Plus d'un mois sans trou de mémoire ni meurtre. Pourtant, les quatre nazis qui sont venus restent ici. Je sais qu'ils me pensent coupable, allié des résistants. C'est bien ça qui me fait peur.
Mais j'ai retrouvé tous les documents en rapport avec la bague, l'Ombre Rubis, ainsi que je la nomme désormais, que je ne peux retirer sans un frisson de dégoût. J'ai remarqué cela il y a peu de temps : si je ne l'ai pas au doigt, je suis mal à l'aise. Apparemment, mon père subissait le même symptôme... Pourtant ce n'est pas une maladie, cela, j'en suis certain. Cette bague serait le symbole de notre famille, du moins du côté de ma mère, car mon père l'aurait reçue en cadeau de cette dernière.
Connaissant ma mère, cette bague devait être une protection. Ma mère était superstitieuse... et j'ai malheureusement hérité de ce trait là. J'ai peur. De plus en plus peur. Et si... Si j'étais réellement possédé par cette Ombre Rubis ? Et si j'étais deux, moi, Renato, et l'autre, un assassin sans cœur? Qui suis-je, pitié... Dites-le-moi, qui suis-je... Avant qu'un autre meurtre ne survienne. Avant que je ne devienne fou.
Mais ne le suis-je pas déjà ? J'ai peur. En réalité, c'est même pire que la peur. Ce n'est même pas celle avec une majuscule, non. C'est pire que le serpent qui vous dévore les entrailles, et cela n'a pas de nom. C'est supérieur à la Peur elle-même, c'est même pire que le Diable... Je suis le maudit entre les maudits : je suis tourmenté par ma propre personne !

Hier soir, Zéphyr –du moins c'est son nom de code-, cet étudiant noir, est venu me voir... Je ne sais pas pourquoi, son regard s'était fait encore plus affirmé. Je ne me rappelle plus de quoi il est venu me parler. J'ai encore eu un de ces trous de mémoire, et il y a eu encore un assassinat. Je me suis encore réveillé dans mon lit, les mains tâchées de sang... Est-ce moi ou lui ?
J'ai l'impression d'agir comme une pantin aux mains d'une entité supérieure ou de mon propre esprit. Est-ce le Destin? Est-ce la folie, le Diable ou simplement moi-même?
Je ne peux plus supporter tout cela. Pourtant, je sais qu'il faut que je vive, malgré tout ce qui m'entoure... Je suis seul pour me battre. Seul contre moi-même. Et ce combat est le plus effrayant de tous ceux que je dois mener dans ma vie. Tout mon temps doit y être consacré. Je ne dois pas mourir. Je dois arrêter de me lamenter, d'écrire, de faire ces choses futiles... Je dois m'affronter. Pourtant, j'ai besoin de tout cela. J'ai besoin d'écrire. J'ai besoin, besoin d'essayer de me décrypter. Et je ne peux pas m'arrêter comme cela.
Et tandis que je me torture, que je me dévore moi-même, j'entends les bruits obscènes que mes trois derniers « invités » font, tant ils sont saouls... Ils n'ont même pas remarquer que l'un des leur est mort. Ils ne remarquent rien, ils sont aveugles au monde qui les entoure. Quelque part, ils ne me font plus peur.
Mais reste celle qui me ronge, cette terreur suprême qui reste logée au plus secret de mon cœur.

Les cauchemars envahissent de plus en plus souvent mes nuits. Sans savoir pourquoi, Zéphyr les hante, que ce soit pour m'en sortir ou pour m'y plonger plus profondément. Suis-je... comme lui ? Lorsque je me suis regardé dans le miroir, ce matin, j'ai eu le sentiment de croiser le regard du plus vil tueur que la Terre ait porté. J'ai parfois l'impression que mes mains sont poisseuses de sang, rouge comme le rubis de ma bague. Je lui ressemble de plus en plus... Plein d'ombre et d'écarlate. L'un de mes « invités » m'a déclaré que je m'étais assombris en quelques mois, et il s'inquiéta de ma santé, qu'il pensait déclinante. Cela me laisse encore pensif.
Et cette question me revient sans cesse : qui suis-je ? Je pensais le savoir, il y a encore peu... Je n'avais pas de problème particulier, seul dans ce vaste manoir, aidant quelques résistants perdus. Mais depuis que Zéphyr et les nazis sont arrivés, tout s'effondre. Je perds mes repères un à un. Je me sens nager dans les ténèbres, plonger à même l'obscurité. Je deviens complètement fou. Du moins, je crois que c'est ainsi... Suis-je fou? Qui est fou, ici? Moi, ou tout les autres?
Ce rire... Ce rire qui résonne... Il me fait si... c'est... est-ce moi-même qui rit ?

Je me sens... si mal, si vide. Pourquoi les larmes coulent-elles ? J'ai froid. Taisez-vous ! Taisez-vous, tous ! Cessez... Cessez donc de rire... J'ai peur. Je suis fini, c'est cela ? C'est la fin... de tout... »

Sur la dernière page s'étalait une main ensanglantée, masquant ce qui avait été écrit.
Je ne comprenais pas mon grand-père... Et je ne le comprends toujours pas. Mais désormais, j'ai l'impression de pouvoir toucher du bout du doigt cet être si mystérieux... Je me sens tellement proche de lui, désormais, et coupable en même temps des crimes qu'il a cru -ou fait, qui sait?- réalisé.
Mais il faut que je m'arrête d'écrire. C'est l'heure où je suis sensé prendre mes médicaments. La maladie est quelque chose de dur à vivre...
Surtout quand elle prend racine dans l'esprit même de l'homme.
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MessageSujet: Re: L\'Ombre Rubis   Mer 12 Nov - 23:17

Ouuuups, quelques répétitions qui m'échappèrent, comme toujours =.=

Merci beaucoup pour ta lecture ! Smile

"Elle s'arrêta bien vite, et nous (?? lui et la gd mère ?) servit un thé après s'être assise"
Oui, c'est lui et sa grand-mère, en effet ^_^'

"Mais l'un d'entre eux est si étrange (le "mais" me g^ne...) ."
Hm, oui, j'hésitai à le faire passer à la trappe, tu m'as décidée...

Bon, je vais aller corriger ça :3
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MessageSujet: Re: L\'Ombre Rubis   Mer 12 Nov - 23:25

Une chose me turlupine à la première lecture. On dirait par moment que tu imite le style de Maupassant dans ton texte, c'est peut-être fait exprès, mais c'est assez dérangeant. Par exemple les phrases du type :

" Deux heures du matin. Deux heures du matin, et j'ai encore un de ces trous de mémoire. Que... Un cri résonne dans les escaliers ! Mon regard descend sur ma chemise. Des... tâches de ... sang ? Il faut que j'aille voir ce qui se passe. Que je me change ! "

Ça fait vraiment le Horla ça Maintenant, si c'était dans le cadre d'un exercice sur Maupassant, c'est assez compréhensible..

Deuxième chose, je trouve que c'est trop dense, trop touffu, pour qu'on puisse vraiment apprécier la lecture. Il faudrait que ça soit plus aéré. Après, je dis ça mais je serais incapable de le mettre en pratique.. -___-'
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MessageSujet: Re: L\'Ombre Rubis   Mer 12 Nov - 23:37

Arf, ce n'était pas particulièrement fait exprès. C'est dans l'optique de ma vision du personnage : Renato est quelqu'un de relativement paranoïaque, nerveux, stressé, avec cette manière fébrile de s'exprimer quand il est en pleine nuit, complètement "sous pression" ... (je l'ai utilisé dans d'autres cas, et c'était toujours de cette manière qu'il s'exprimait, nerveux et stressé)

Ce qui se rapproche fortement de l'état d'esprit du personnage principal du Horla, à ne pas en douter!
En plus, je lisais énormèment de nouvelles de Maupassant à l'époque, donc cela a du en plus faire "tâche d'huile", au niveau du style (je lisais à peu près une nouvelle par jour sur trois ou quatre semaines)


Erf, pour l'aération, c'est pas facile... je vais essayer de resaucissonner tout ça, mais je pense que ça ne va pas être concluant Razz
EDIT: bah, en replaçant juste des espaces, ça fait moins "gros tas", je trouve... ô_o mais bon.


Dernière édition par Lumeha le Mer 12 Nov - 23:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L\'Ombre Rubis   Mer 12 Nov - 23:41

Mais ce texte est insupportable !

C'est un vélo sans frein en haut d'une colline qui s'effondre à chaque phrase. Tu tentes de créer une atmosphère mais tu loupes le coche. Tu as mis une épaisse couche de chantilly sur un gâteau gras, lourd et qui pèse sur l'estomac. C'est l'incarnation de la monotonie !

Tes dialogues sont peu nombreux mais ils n'ont que faire dans ce texte. Ils ne font que l'allourdir.

Sans cesse tu fais des implicites superflus avec ces points de suspension

Ta fin est trop abrupte et ton introduction trop longue

Tu t'emmêles dans des descriptions inutiles et cela en devient grotesque

Dès qu'un objet est froid il a donc une vie, original. (sens ?)

Rien ne sert de répéter deux fois "a deux heures" là encore tu rends ce texte lourd et lassant

Les interrogations de ton narrateur sont risibles "suis-je abandonné au diable" (en tant que lecteur, j'aimerai bien)

C'est cousu de fil blanc, c'est impromptu, c'est fouillis....Une calamité pour faire bref.

"Avant donc que d'écrire apprenez à penser"
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MessageSujet: Re: L\'Ombre Rubis   Mer 12 Nov - 23:51

je suis d'accord que c'est foullis et maladroit...

Mais s'attaquer à Maupassant, c'est ambitieux, et je trouve que tu t'en ai pas trop mal sorti... après.. pour faire plus constructif..

Et ben je te dirais demain ^^
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MessageSujet: Re: L\'Ombre Rubis   Aujourd'hui à 3:15

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