De l'encre dans les veines

Une plume au bout des doigts, un monde derrière la tête...
 
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 Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]

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piti-inconnue
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MessageSujet: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Mar 15 Avr - 4:30

Hello here! ça faisait longtemps, moui. Je reviens avec une tite nouvelle plutôt longue, pas totalement terminée, que je posterai en plusieurs fois ? je pense, puis faudrait déjà qu'elle plaise, ce qui n'est pas certain vu les quelques avis mitigés que j'ai obtenu pour le moment. Puis je la poste pour me motiver à la terminer, j'y tiens à ce ti bout de vie, ce ti brouillon de sentiments, le premier truc un peu long que j'écris en l'ayant presque terminé. Mais ça traîne de trop alors histoire de me motiver.. walà




Il fait nuit, mais elle aime la nuit. Son regard fixe ses pieds alors qu’elle marche, sans savoir réellement où cela va la mener. Elle avance, le long de ce petit chemin de terre, d’un pas régulier et souple. Continuer, s’arrêter, reculer ? Elle ne se pose pas même la question, son esprit est comme déconnecté. Elle marche, ondulant délicatement des hanches, le port altier.
Le chemin prend fin, sans qu’elle ne l’ai vu venir, au détour d’un tournant, d’une vague de brume, il s’arrête. L’absurdité de la chose la laisse songeuse alors que son regard se perd dans l’océan… une plage faiblement éclairée par l’éclat de la lune s’étend sous ses pieds. Elle quitte ses chaussures pour sentir les grains de sables glisser entre ses doigts. Elle avance de quelque pas encore avant de s’asseoir dans l’ombre d’un rayon de lune, dos à la dune. Ses genoux viennent d’eux même se lover contre sa poitrine alors que ses bras s’enroulent autour. Ce geste lui est familier, pourtant aujourd’hui il n’a pas la même signification, elle ne cherche pas à se protéger. Le passé n’a plus d’emprise sur elle, les regrets, les remords elle les a soigneusement mis de côté. Le bruit des vagues vient mourir au creux de son oreille, la berçant, comme sa mère le faisait dans sa plus tendre enfance. Elle n’est pas triste. Inspirant profondément elle s’enivre de liberté. Cela faisait si longtemps qu’elle ne s’était pas sentie si libre, si vivante. Elle songe à ce qu’elle va laisser derrière, se rendant compte qu’elle n’éprouve aucune tristesse, plutôt du soulagement. Cette vie n’était pas pour elle, faux-semblants, hypocrisie, mensonge, argent, des valeurs qu’elle n’arrivait pas à assimiler comme siennes. Depuis toutes ces années elle n’était pas parvenue à se complaire dans le rôle de petite fille à papa. Comment trouvé un sens à la vie alors qu’en un claquement de doigt elle obtenait ce que bon lui semblait ? Elle secoue la tête chassant de son esprit cette rancœur. Une douce brise chatouille son front, éveillant ses longs cheveux bruns d’un mouvement fluide. Elle hume la brise, et relevant la tête elle s’aperçoit que les étoiles ont disparu du ciel… L’aube pointe au dessus de l’océan, empourprant le firmament. Ses yeux brillent, d’une lumière nouvelle alors qu’elle observe le spectacle. Elle se sent enfin bien.



***


Le réveil hurle. Des milliers de cris, de songes, de bruits, le réveil hurle. De sous les draps une tentative pour retrouver un semblant de silence prend l’apparence d’une main, pâle. La valse débute, et la percussion de l’alarme sur le mur assourdit la pièce. La main s’agite, le corps danse pour échapper à l’entrave des draps noirs, pour finalement se tendre et chuter sur le sol, vaincu. Le réveil est douloureux, même lui. Entravé par la couette, avec la volonté de se relever le corps trébuche sur le parquet. Tentative pour fuir le bruit, pour retrouver la douceur du noir, de l’oubli. Les draps chutent enfin, dévoilant une jeune fille au visage fatigué. Ses yeux sont encore vitreux et de profondes cernes contrastent avec la pâleur du visage. Elle se dirige nonchalamment vers la salle de bain attenante à sa chambre pour un éternel rituel. Les produits de beautés en tout genre s’entassent dans les recoins de la pièce parfaitement aménagée. La jeune fille plonge son visage sous l’eau glacée, seul remède pour oublier un instant son mal de tête lancinant. Elle relève soudainement la tête, fixant la jeune fille qui apparait sous ses yeux. Un visage pâle encadré par de longs cheveux bleu-nuit emmêlés, des traits délicats mis en valeur par la finesse de sa bouche, des yeux bruns, d’un brun profond soulignés par des cernes qui étonnent dans la pureté de ce visage. Elle l’observe un moment avant de lui cracher au visage, signe d’un mépris non dissimulé. Elle la hait.


Dévaler les escaliers, prendre le premier couloir sur la droite, parvenir à la cuisine, s’exaspérer :
- « Marie-Laure ! Marie-Laure ! Bon dieu mais où êtes vous? ».
Une jeune femme brune surgit alors dans la cuisine, essoufflée d’avoir couru pour répondre à l’appel impérieux de la jeune fille.
- « Ce n’est pas l’heure de dormir ou de trainasser Marie-Laure, on vous paye pour être efficace pas pour rêver! Où avez-vous mis mon nouveau sac à main, je ne le retrouve pas ?
C’est bien ce que je pensais vous n’êtes même pas capable de savoir où sont mes affaires » soupire-t-elle.
- « Mais mademoiselle… » Tente la brunette avant de se faire couper brutalement.
- « vous n’êtes pas là pour me contester Marie-Laure, apportez moi mon nouveau manteau voulez-vous je vais finir par être en retard ! »
Le ton ne souffre pas d’objection, et la jeune femme finit par s’exécuter, apportant quelques minutes plus tard le manteau. Une scène de comédie populaire avec une jeune actrice qui se prend pour une grande dame : quelques soupirs, un pli sur le front pour montrer la contrariété, des battements de paupières saccadés… Une nouvelle journée sur la scène d’un théâtre des plus banal.


Dans un vrombissement de moteur une petite voiture bleue quitte quelques minutes plus tard, le domicile. Un son rock emplit l’habitacle alors qu’Eolia est déjà pendue au téléphone : « oui Ad aujourd’hui on va en cours… pense plutôt à sécher ton linge… N’imagine pas que le monde s’arrête! … Oui évidemment que je le suis… Moi non plus je t’aime… », Et la jeune fille raccroche sur ces quelques mots. Elle a déjà la tête ailleurs, ne se préoccupant nullement du trafic extérieur, et des jurons des passants qu’elle frôle d’un peu trop près. Elle finit par s’arrêter devant un imposant lycée où un flot d’étudiants fait battre les deux grandes portes de l’entrée principale. Elle observe un instant la scène puis ferme les yeux, exténuée. Des images de la veille envahissent son esprit.


[ A suivre si vous le désirez ? ]


Dernière édition par piti-inconnue le Mer 21 Mai - 23:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Mar 15 Avr - 12:51

Très beau texte !! Ce texte est l'un de ceux que je préfére de toi... Il est moins... comment dire... décousu que les autres et donc il est plus facile à comprendre. J'aime beaucoup. Il y a des descriptions, des sentiments... mais on y reconnait facilement ton "style" d'écriture.^^ C'est bizarre parce qu'on a l'impression d'être le personnage mais en même temps on a l'impression de voir sa vie défiler devant nous sans être vraiment se personnage... Enfin, c'est un peu bizarre...^^ Mais j'aime beaucoup ! Je trouve que ça donne une certaine légèreté à ton texte (tu fais ça avec tout les textes j'ai remarqué...^^). Je n'ai aucun autre commentaire "constructifs" à te donner... Tu as un style particulier et je ne vois pas trop comment t'aider à l'améliorer parce que je le trouve déjà très bien comme ça... La suite !!^^
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Mar 15 Avr - 13:27

Hum hum, moins décousu ? peut-être moins brut de décoffrage, moins livré sur le vif. *mouai* Un texte que j’ai essayé, parfois vainement de retravaillé. Il a pris des mauvais chemins, il s’est éloigné de ce que je voulais en faire mais bizarrement j’y tiens, alors je ne lâche pas. Tous vos commentaires sont les bienvenus… Je souhaite vraiment arriver à quelque chose, être satisfaite de cette nouvelle. Alors merci beaucoup Alea, et contente que ce début te plaise et surtout que tu y reconnaisses mon « style » alors que je ne vois rien de particulier. Une certaine légèreté ? Je ne sais pas si c’est vraiment volontaire. La suite… Arf disons pour jeudi ^^


Dernière édition par piti-inconnue le Mar 10 Juin - 23:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Mar 15 Avr - 13:32

De rien...^^ Pour jeudi ? Ok je l'attend avec impatience !!^^
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Mar 15 Avr - 13:47

Nieuh nieuh... *déçu*
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Mar 15 Avr - 13:50

arf.. me too alors
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Mer 16 Avr - 18:54

ben alors là 0.0 !! Bon je sais je suis une pauvre inculte en littérature mais je le trouve vraiment très très très beau !! J'aime beaucoup ton style avec ...euh...commment dire... les mots que tu jette en vrac comme ça, pour construire des images, des hustoires, des sentiments. Ce texte est moins compliqué que les autres, j'aime, j'adore !!!
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Jeu 17 Avr - 19:10

hum, suite

Résidence des dell’arte, 23h, la porte claque, alors que les talons font résonner les marches de marbre de l’escalier. Eolia s’engouffre dans la voiture d’Adéo le sourire aux lèvres. Une légère robe noire dévoile ses longues jambes finement musclées, alors qu’un foulard négligemment enroulé autour de son cou tente de voiler son décolleté. Ses cheveux sont subtilement relevés, seule une mèche joue avec la courbe de son visage, passant devant son regard. Eolia ne peut s’empêcher de souffler dessus avant de la replacer derrière son oreille. Durant ce court laps de temps, il ne l’a pas lâché des yeux, comme hypnotisé. La jeune fille relève alors la tête, plongeant son regard dans le sien, dans une question muette. Il secoue la tête, un sourire étirant son visage et démarre, faisant ronfler le moteur. Ils roulent vite mais cela n’empêche pas la jeune fille de baisser sa vitre, penchant sa tête, elle laisse ses cheveux s’envoler au vent, les libérant de toute entrave. Elle est bien, l’air claque sur son visage, remplissant ses yeux de larmes, elle crie, mais les paroles restent inaudibles, seul un éclat de rire parvient aux oreilles du conducteur. Le jeune homme sourit devant son absurde euphorie, il imagine ses yeux brillant d’une nouvelle lueur, un sourire illuminant son doux visage, pourtant au fond de lui son cœur se serre. Il sait que cela ne durera pas, dès que la drogue n’agira plus les illusions s’envoleront, dévoilant une jeune fille brisée. Alors il profite de l’instant et son rire se mêle à celui de la jeune fille. Quelques kilomètres plus tard. Un son lourd et rythmé leur parvient aux oreilles, les guidant jusqu’à l’entrée d’une luxueuse villa, où ils finissent par s’arrêter. Le moteur est coupé. Leurs pas remontent la vaste allée, ils pénètrent dans la maison. L’image d’une véritable orgie leur saute aux yeux. La vision d’une jeunesse qui ouvrirait les portes de l’enfer, l’ambiance de n’importe quelle soirée branchée. L’alcool coule à flot et son odeur s’échappe de toutes les bouches, différentes drogues circulent se perdant de mains en mains avant de disparaître à l’intérieur d’un nouvel organisme à détruire. Dissimulés par la fumée qui plane sur la pièce principale des couples se laissent aller, les lèvres jouent entre elles alors que les corps s’enhardissent, un jeu de séduction qu’Eolia maîtrise à la perfection. Elle se laisse happer par la foule et son corps balance au son de la musique, elle plane. Un souffle vient frôler son oreille alors qu’un torse se colle à elle, des bras se referment sur sa taille et la fond doucement pivoter. Eolia se retrouve face à face avec un jeune homme : Liam. Grand, un regard vert pétillant et des cheveux mordorés, un charme fou, un sourire étincelant ; Le jeune homme a tout d’une publicité de l’idéal masculin devant lequel s’extasient les adolescentes. Il approche sa bouche de l’oreille d’Eolia : « tu m’as manqué belle déesse des vents » lui murmure-t-il charmeur. Elle se contente d’un sourire pâle, sans aucune chaleur, aucune vie, avant de se jeter sur sa bouche pour l’embrasser sans la moindre retenue. Les pensées de la jeune fille se bousculent alors que son partenaire se fait plus entreprenant. Elle le provoque, jouant de son corps, s’éloignant, pour mieux se serrer contre lui l’instant d’après, allumant son désir d’elle. Combien de temps a-t-elle joué avant de se retrouver dans ce lit avec lui ?Une heure, peut-être bien deux. Le réveil, entre ces draps inconnus, difficile, auprès de ce corps chaud qui la fait pourtant frissonner. Elle a froid, elle se sent vide, elle soupire, lassée. Et doucement, pour ne pas tomber sur ses jambes trop instables elle rassemble ses vêtements, les enfile, puis s’enfuit. Le retour chez elle ? Elle ne sait pas, ne sais plus. Sa soirée est entrecoupée de blancs, alcools et drogues l’ont toujours fait planer, mais elle aime cette sensation, cet oubli d’elle. Et elle oublie, pour mieux recommencer.


Retour au présent. Claquement de portière. Un bref coup d’œil à l’horloge, haussement d’épaule. Elle est en retard ? Et alors ? Ses pieds l’emmènent vers l’entrée, elle passe le seuil de l’habituelle prison, un éternel sourire aux lèvres. Son pas est souple. La tête haute, elle snobe. Tout simplement supérieure. Les regards convergent vers elle sans qu’elle n’y prête attention. Pourquoi le ferait-t-elle ? Le couloir lui, est désert, et le bruit de ses pas se répercute sur les casiers. sentiment oppressant, sentiment de malaise. Le couloir bifurque, elle s’arrête. La poignée tourne, porte poussée, grincement lourd qui interrompt le professeur en pleine tirade. Ce dernier se compose un regard noir, tentant de reprendre contenance. Il reconnaît la jeune fille et détourne le regard, mal à l’aise. Eolia secoue la tête, un sourire ironique se peignant sur ses lèvres. Un rire s’élève du fond de classe et une voix désagréable emplit la salle : « c’lui là aussi tu t’les tapé ? Ma pauvre Eolia comment t’as pu tomber aussi bas ? Ah non mais tu me… ». Raclement brusque de chaise. Il ne peut terminer sa phrase, sonné par le poing qui lui a enfoncé l’aile du nez. Le professeur abandonne, rejoignant son bureau, il s’assoit. Le cou s’incline, la tête est baissée, il observe ses ongles avec lassitude. Au fond de la classe le jeune homme s’est relevé le nez en sang, il tremble de rage sans pour autant oser répliquer. Ses poings le démangent atrocement… Adéo émet un rire bref, pose ses mains sur ses hanches, vainqueur. Le blessé, meurtri dans son amour propre, la douleur de l’humiliation tout aussi forte que celle du nez quitte la classe avec le peu de dignité qu’il lui reste. On ne lui offre que quelques regards mornes. Désintérêt de la classe.
Monsieur Tufières est professeur d’économie, un visage marqué par sa trentaine d’années, des rides d’expression qui accentuent son charme, c’est une personne passionnée par son travail. Il aurait pu avoir une belle carrière… Encore aurait il fallu qu’il puisse répondre par la négative à la question empreinte d’ironie posée par l’agitateur. Il soupire avant de lever les yeux sur la classe. Rien ne vient le sortir de ses sombres pensées. Les quelques têtes relevées ne le sont que pour mieux observer le plafond ou le vol de mouches inexistantes. Dans un autre coin de la classe certains discutent entre eux sans même baisser la voix, leurs chaises disposées en cercle pour illustrer leur mépris du professeur et de son autorité inexistante. Alors que ses yeux balaient la classe son regard tombe sur un élève endormi. De mieux en mieux ! Son regard se porte enfin sur le fond de classe. Eolia est blottie dans les bras d’Adéo, ne semblant pas même dérangée par l’épisode qui vient de se dérouler. Elle a cet air détaché de tout, perdue dans ses songes, dans un monde trop doux pour qu’elle le quitte. Elle plane. La cloche sonne interrompant le cours de ses pensées, raclement de chaises, brouhaha, bousculade, la classe s’éveille, enfin.

Midi et demi à l’horloge blanche.
Les corps forment une ronde, excluant les quelques étudiants qui auraient pu avoir l’audace de leur adresser la parole. Ils se suffisent à eux même, ils sont les phénomènes de l’université, ceux qui attirent les regards, ceux qu’on jalouse sans même se l’avouer, ceux qui attisent les rumeurs, ceux qu’on en vient à haïr quand ils s’attaquent à vous par manque de distraction. Ils sont populaires, issus d’un milieu aisé, ils sont ce que les autres ne seront jamais, ils ont tout pour eux sans pour autant être heureux. Eolia se trouve au milieu de la ronde, centre de toute l’attention. Elle se moque ouvertement, son rire éclate, elle s’amuse, elle détruit, elle blesse, elle joue tout simplement. L’attention générale, l’excitation de son auditoire lui fait tourner la tête, alors elle frappe fort. Elle attaque la famille, exagérant les propos au besoin, lançant la rumeur, Camille l’anorexique, Camille sa cousine qui pleurniche pour qu’on préserve sa pseudo popularité. La rumeur prend forme, se nourrissant de mots blessants, de mots violents, elle s’envole, de bouche en bouche, flirtant sur les lèvres.
Eolia rit de la naïveté de sa cousine, Elle, faire un geste pour la famille?! L’argument du même sang, quelle étrange idée ! Et la jeune fille se lance dans un débat enflammé où elle renie l’importance de la famille, approuvée sans retenue par les étudiants. Elle se joue de son publique qu’elle sait déjà conquis, elle s’amuse de leur manque de discernement. Absence de raisonnement. Elle est leur source de vérité. Elle en jouit ! Plaisir malsain. Et alors qu’elle continue de parler, son regard se pose sur les visages tendus vers le sien, avides. Un seul attire son attention : il ne rit pas, ne semble pas même intéressé, il l’ignore, purement et simplement… Adéo ! Trouble consternant. Son cœur s’agite, et avant que ses yeux ne la trahissent elle tourne les talons, plantant là sa cour d’admirateurs. Lunatique ? Son pas est vif, saccadé, elle traverse la foule d’élèves qui occupe le parc à l’heure de midi, soulevant des exclamations courroucées sur son passage alors qu’elle joue des épaules pour avancer. Elle n’y prête pas la moindre attention, ses yeux se sont emplis de larmes, voilant doucement sa vue. Un obstacle arrête sa course, sonnée elle relève la tête, s’attendant à une vague insulte imprécise. Mais des bras musclés se referment autour d’elle, des doigts fins essuient ses joues avec délicatesse. Le réconfort est inattendu, et Eolia ne résiste pas, elle laisse aller sa tête contre ce torse rassurant, reconnaissant une odeur familière. Trop secouée elle n’y prête pas attention et ferme les yeux pour s’endormir dans le creux de l’épaule inconnue.
Du coté du groupe d’étudiant, les rires sonnent faux. Et seules quelques exclamations tentant de retenir la jeune fille se font entendre. Les visages se tournent vers l’endroit où se trouvait Adéo, attendant une vaine explication, avides de nouvelles rumeurs. Le jeune homme n’est plus là. Haussement d’épaule collectif, la ronde se referme et les conversations reprennent, comme si de rien.


Dernière édition par piti-inconnue le Mar 10 Juin - 23:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Jeu 17 Avr - 19:30

J'adore !! C'est toujours aussi bien écrit ! Vite, la suite !!^^
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Sam 19 Avr - 23:24

je me répète bcp dans ce qui suit...désolé ^^'

je viens de lire le tout, je vais tout re lire et te faire quelque choses de dévloppé^^
déjà j'aime ton texte mais y a des moments je sais plutrop qui est qui (mais j'ai pas fait une lecture attentive, donc comme je vais relire je vais mieux faire attention)
Déjà se que je trouve super bien c'est tes descriptions surtout au début! on voit très bien la jeune fille qui va vers la plage, d'ailleurs je m'imagine ca très bien en dessin peinture ou alors en une sorte de court métrage. Tout le moment où elle va à la plage.
Le réveil brutal à la réalité j'aime et j'aime pas à la fois : je m'explique^^
j'aime car pour ton texte, l'effet "brutal" est important je crois, enfin je vois pas trop comment dire lol
et j'aime pas (pas parce que c'est pas bien ou quoi que se soit) c'est juste que j'adorais trop se qui se passait enfin, j'aimais vraiment l'écrit quoi. Donc j'aime pas car tu nous enlève de l'endroit calme alors que j'aurais bien aimé encore lire de "cette facon la" (fin j'arrive pas à expliquer xD) Mais je trouve très bien l'arrivé brutal (chui pas sur d'avori été clair^^)

je relirai et ferai la suite plutard (genre soit tard ce soir ou demain quoi^^)

J'ai un truc négatif à dire : elle est à l'université et la description des "classe" des sorte de récré ca ne colle pas. J'ai une soeur et un frère à l'unnif, et c'est pas comme ca que ca se présente. Si tu arrives en retard parfois les portes sont fermé et si elle ne le sont pas, ton entrée est normalement discrete car c'est un grand auditoir. Je vois plus ton texte en dernier année d'école rénové.

ps : ton début me fait pensé à ma nouvelle nouvelle mais c'est pas possible qu'on se soit mutuellement copié car j'ai jamais montré cette nouvelle et je l'ai depuis très longtemps écrite et je n'avais jamais lu ta propre nouvelle.
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Shino
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Dim 20 Avr - 18:19

(trois ans plus tard...xD)
Ta nouvelle est réaliste et contient une bonne écriture manquant toutefois de ponctuation, d'où des phrases trop longues ou mal tournées.
Dans le premier paragraphe, tu génères une bonne ambiance qui est à mon avis gachée par le réveil d'Eolia =/
Dans cette nouvelle, je trouve que justement tu ne gardes pas le même style que tu utilisais pour tes autres nouvelles; il est vrai que celui-ci est moins brut et plus étoffé, mais il faisait justement le charme des sentiments que tu couchais sur papier, peut-être moins adapté à ce genre de nouvelle? (je me comprends x)

Correction: mouahaha

piti-inconnue a écrit:
-Ses genoux viennent d’eux même se lover contre sa poitrine alors que [s]es bras s’enroulent autour[].
-Le passé n’a plus d’emprise sur elle, les regrets, les remords elle les a soigneusement mi[s]de côté.
-Un visage pâle encadré par de longs cheveux [bleu-nuit] emmêlés
-Où avez-vous mi[s] mon nouveau sac à main, je ne le retrouve pas ?
-Une nouvelle journée sur la scène d’un théâtre des plus bana[l].
-Dans un vrombissement de moteur, une petite voiture bleu[e] quitte quelques minutes plus tard, le domicile.
-alors qu’un foulard négligemment enroulé autou[r] de son cou tente de voiler son décolleté.
-Dissimulé[s] par la fumée qui plane sur la pièce principale, des couples se laissent aller,
-Le jeune homme [a] tout d’une publicité de l’idéal masculin devant lequel s’extasient les adolescentes.
-Combien de temps a-t-elle joué avant de se retrouver dans ce lit avec lui ?Une heure plus tard (à mon avis...^^), peut-être bien deux.
-Et doucement, pour ne pas tomber sur ses jambes trop instables, elle rassemble ses vêtements, les enfil[e], puis s’enfui[t].
-alcool[s] et drogue[s] l’ont toujours fait[s] planer,
-Pourquoi le [ferait]-t-elle d’ailleurs ?
-des rides d’expression qui accentue[nt] son charme,
-Les quelques têtes relevée[s] ne le sont que pour mieux observer le plafond ou le vol de mouches inexistantes.
-Alors que ses yeux [balaient] la classe, son regard tombe sur un élève endormi.
-Eolia est blottie dans les bras d’Adéo, ne semblant pas même dérangé[e] par l’épisode qui vient de se dérouler.
-Les corps forment une ronde, excluant les quelques étudiants qui auraient pu avoir l’audace de leur[] adresser la parole.
-Mais des bras musclés se referment autour[] d’elle,
-Haussement d’épaule collectif, la ronde se referme et les conversations reprennent, comme si de rien [n'était?]
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Sam 26 Avr - 12:50

C'est vraiment super ! magnifiquement bien écrit ! je suis encore bouche-bée ! tu as du talent !
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dadadele
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Sam 26 Avr - 13:54

je sais j'ai pas relu car j'ai décidé de relire quand tu auras terminer^^ ou du moins mis une suite! alors fait vite mais prend quand même ton temps...(en fait, là j'ai deux partie du cerveau qui cause, celle qui est résonable et qui dit qu'il faut du temps pour bien faire et l'autre qui est impatiente xD)
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piti-inconnue
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Sam 26 Avr - 14:14

Moui mouai, je terminerai cette nouvelle. Merci Shino pour ta correction et ton avis. Oui le style change, oui ça ne plait pas spécialement ( à moi la première ^^). Tant pis je terminerai pour ceux qui apprécient.

Dadadele tu as raison, faut que je trouve le temps de modifier ça. Merci beaucoup pour ton commentaire

Merci aussi à vous deux : x-alone-in-dream-world Et Alea bien sûr ^^


Fin des cours. 17h30.
Alors que le bruit d’une cloche retentit, Eolia ouvre tout juste les yeux. La fin d’après-midi s’annonce par une légère brise qui fait voler les feuilles d’automnes. Elle est assise dans l’herbe, des bras protecteur l’enserrant toujours, elle papillonne des yeux un court instant, ne voulant pas plus que ça se lever.
Il a senti son corps s’éveiller, ses muscles se tendre, et doucement ses paupières l’ont trahis, elle ne dort plus. Il la regarde. Au coin de ses yeux, la source de sillons de larmes séchées. Son maquillage à coulé tachant sa peau de noir, ses sourcils sont discrètement ébouriffés, elle est belle. Elle est elle !

Machinalement il a sorti de sa poche de l’herbe, et à commencé à rouler. L’habilité de ses doigts trahit l’habitude, ils connaissent leur partition et la joue sans fausses note. Sa respiration entrecoupée de fumée donne le rythme. Il lui présente finalement son joint, et elle le saisit, d’un geste sûr, entre l’index et le majeur. Entre ses lèvres, pénètre sa chaire, inspiration, première inspiration, première fois. La fumée infiltre sa gorge, descend au cœur de ses poumons, ses traits se contractent pour retenir la toux qui semble vouloir évacuer cette nouvelle substance. Elle souffle doucement, et la fumée s’évanouit dans l’air, fuyant la scène du crime.

La petite voiture bleue a finalement rejoint le domicile familial, Eolia claque sa portière, habitude qu’elle a prise pour ajouter une nuance à son image de mépris total du monde qui l’entoure. Elle relève le menton, et son petit nez pointe vers le ciel. Arrogance, rêverie. La porte d’entrée claque à son tour, Eolia est rentrée. Passage par la cuisine où elle attrape une pomme dans la corbeille de fruits et y croque à pleine dents. C’est tendre, c’est doux, c’est bon! Ses yeux rencontre l’hypocrite sourire de sa mère, et parvient à ses oreilles, l’esquisse d’un tendre « bonjour ma chérie »! Elle ne répond pas et tourne les talons. Espoir de fuite… anéantit…La voie haut perchée de sa mère la rattrape, dérangeante. Son esprit embrumé tente de trouver un sens aux mots qui s’échappent de ses lèvres. N’y parvenant pas elle se contente de l’observer. Grande avec ses talons, petite sans, un maquillage travaillé dans des tons s’accordant parfaitement avec l’iris bleu de ses yeux. Bleu comme le ciel, même s’il est gris aujourd’hui…

- Eolia !

Iris qui se trouve être en réalité d’une banale couleur marron, dissimulé par le port de lentilles. Des cheveux relevés artistiquement haut sur la nuque, d’une manière voulue négligée avec des mèches s’échappant des pinces et encadrant un visage sans rides. Rides, qui viennent troubler la surface de l’eau quand le vent souffle.

- Eolia !

Un visage où devrait s’ancrer les années mais préservé par la chirurgie esthétique, un visage ni jeune, ni vieux, un visage qui a perdu de sa vie pour gagner en beauté. Beauté différente de celle de l’océan, ridé par le vent, où se reflète un infini de nuances de gris. Oh oui l’océan, lui, est beau !

- Eolia !
- Mais ferme là ! le ton est agressif, presque haineux. L’océan s’agite de vagues menaçantes.
- Tu as encore fumé Eolia ? condescendance malvenue.
- Tu es toujours aussi belle. Improbabilité, stupeur.

Les mots ne trouvent pas de sens, aucune réalité dans laquelle s’ancrer. Le dialogue n’a pas lieu d’être, les deux voix ne peuvent s’entendre. Elles ne sont plus que deux étrangères.


Quelques jours ont trouvé le temps de passer, n’amenant rien, ne promettant rien, ils sont passés, c’est tout ce qu’on peut en dire. Le téléphone du domicile sonna, dérangeant la léthargie de cette étrange maison. Personne ne daigna interrompre sa plainte stridente et le répondeur s’enclencha :
- « Bonjour vous êtes bien sur la messagerie du 0359877112 votre correspondant n’est actuellement pas joignable, nous vous prions de bien vouloir laisser un message après le bip sonore » articula posément une voix sans teinte.
- « Bonjours mes petites chéries, j’espère que vous aurez très vite ce message, dans le cadre du boulot je dois passer le weekend à Courchevel le co-directeur semblait vouloir vous rencontrer, vous pourriez donc venir passer le weekend au chalet ? Je vous dis à très bientôt, je vous embrasse… ».
Alors que le silence reprenait ses droits, le bruit d’une cavalcade précipitée se fait entendre, dévalant les escaliers en sautant plusieurs marches, Swan arrive dans le Hall. Dégoulinante d’eau, une serviette négligemment nouée sur sa poitrine, la jeune blonde peste contre les deux autres femmes de la maison. Et c’est dans un mouvement sec qu’elle prend le téléphone en main pour écouter le message. Moins d’une minute plus tard un grand sourire habite ses yeux bleus, et c’est toute excitée qu’elle regrimpe les escaliers _employant la même technique que précédemment_ pour avertir la maisonnée des vacances inattendues. Swan, de deux ans la cadette d’Eolia, une jeune fille de nature très enjouée, ressemblant énormément à sa mère, contrastant en tout point avec son ainé. Elle met toujours un point d’honneur à donner une image d’elle frôlant la perfection, peut-être pour mieux dissimuler son mal-être ? Elle y parvient du moins.

Des bagages préparés machinalement. Une gare bruyante, populaire, grouillante. Des adieux, des retrouvailles, des départs, des retards. Tout s’y emmêle, tous s’y croisent, carrefour de vies. Se frayer un chemin dans la foule, trouver sa place. Se poser. Le train filait, le paysage défilait. La tête d’Eolia avait adopté un angle étrange, alors que son épaule s’appuyait lourdement sur la vitre du train. Elle somnolait, planant vers d’autres rivages moins enneigés que ceux qu’elle observerait d’ici quelques heures. Elle ne se sentait nulle part à sa place, ni ici, ni ailleurs. Entre illusions inaccessibles et réalité qu’elle prenait soin de fuir il n’y avait aucun lieu où elle trouva à s’ancrer. Ballotée au grès des vagues de ses songes, entre les brumes de la drogue, elle se perdait chaque jour davantage. Elle dérivait, elle délirait, se prenant pour un nuage, solitaire, libre et euphorique devant l’infini où elle pouvait se perdre à souhait. Voyageuse au sourire accroché aux lèvres pour seul bagage, le ronronnement du train l’endormit.

Arrivée au chalet, une heure avant que les estomacs n’émettent quelques grognements.
C’était peut-être le décor, sa majesté et la magie qu’il semblait dégager, mais les yeux des deux sœurs brillaient de la même lueur. Souvenirs d’une enfance espiègle. Étrangement complices elles échangèrent un sourire, et la voiture à peine arrêtée, les Moon-boots aux pieds sautèrent dans la neige éclatante. Quelques batailles de boules de neiges plus tard elles s’allongèrent haletantes dans le froid. Leurs souffles dessinant des vapeurs de fumées blanches, égayant la conversation :
- Dis Swan… ça faisait longtemps…
- De quoi ?
- Que je n’avais pas vu ton vrai sourire…
- Pourquoi tu dis ça ? Pourquoi faut toujours que tu gâche ces moments avec ton ironie blessante.
La jeune blonde soupire, sans pour autant montrer l’envie de s’éloigner de sa sœur. Elles observent un temps leurs souffles se condenser, ne formant qu’une seule et même volute de fumée. Silence emplis de confidences.
- Je ne trouve pas toujours les mots.
- Je ne sais pas comment agir.
- Tout me paraît faux, je te vois rire même quand tu es triste, je te vois te composer un masque, et tu ne l’enlèves pas ou plus, même avec moi. Je croyais pouvoir tout partager avec toi…
La voix se brise, aveu douloureux, accueillit par un mutisme froid. Le silence perd de sa chaleur, l’espoir d’une réponse s’atténue. Résignation.
- Je ne voulais pas me montrer blessante... Je…
- Je sais Lia… mais tu as tellement changée, tu es devenue froide, tu t’es éloignée, tu ne parlais que pour hurler, blesser, te défendre, ou marmonner des mots qui n’avaient aucun sens. Je t’en veux oui, pour ça, tu étais mon modèle. Comme une petite sœur aime copier la grande. Je n’ai pas compris, je ne comprends toujours pas. Comment as-tu pu tout abandonner, tes activités, les défilés, la mode, tes amis ? Maman me racontait des horreurs sur toi, et tu ne pouvais rien démentir, tu n’étais plus là, perdue dans ton monde d’où tu avais exclue tout le monde, d’où tu m’avais exclue. Je t’ai trouvais Égoïste, elle te disait simplement droguée, je te savais triste, elle te déclarait lunatique et bonne comédienne. J’ai arrêté de me poser des questions. J’ai appris à vivre sans toi, mais tu m’as manqué. Tu me manques…
Monologue libérateur. La peine s’échappe de ce petit cœur, s’enfuyant dans l’air froid, déchargeant des mots trop longtemps passés sous silence.
- Je suis désolée.
- Moi aussi.
- Je te demanderai pas d’oublier, de pardonner, je te promettrai pas non plus que tout sera comme avant. On a passé l’âge de se mentir, on est sœur, je l’avais peut-être oublié. Je me rends compte que je n’agis pas forcément comme il faut. Des erreurs, peut-être. Je suis loin d’être parfaite, je t’envie parfois, tout semble plus facile pour toi... Je crois que t’es la seule personne que je considère comme ma famille…
- Lia…
Le ton est plein de reproches, de doux reproches, juste pour montrer à l’autre qu’il se trompe, qu’il fait fausse route. Un ton pour la forme, puisqu’on n’espère pas en réalité bousculer l’avis de l’autre. Eolia ne s’en formalisa pas :
- Tu ne les vois pas comme je les vois hein ? Les parents ? Tu diras que je dramatise. Peut-être. T’es assez grande pour voir, mais ne te leurres pas, regarde vraiment même si ça fait de la peine. Ce n’est pas à moi de te confier des secrets qui ne sont pas les miens. Et puis t’as le temps pour ça. La vie est belle, la neige est belle.
- Allez Lia, viens faire de la luge avec moi, comme avant hein.
Les deux sœurs se relèvent, un même sourire enfantin sur les lèvres, c’est bon parfois de se retrouver, c’est bon parfois de tout oublier. Juste d’être sœur, être deux enfants, qui s’amusent d’un rien, qui dévalent les pentes enneigées entre deux éclats de rire.


Dernière édition par piti-inconnue le Mar 10 Juin - 23:35, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Sam 26 Avr - 16:56

C'est super bien écrit ! Comme d'habitude !^^ Mais j'avoue que j'ai du mal à faire certains liens (particulièrement celui entre ton avant-dernier poste de ton histoire et celui-ci...) Peut-être n'ai je pas bien lu (il y a pas mal d'agitation autour de moi...) Je relirais ce soir un peu plus en détail... Sinon c'est vraiment très bien ! Mais tu recommence à être plus décousue comme dans tes autres textes... Ca rend plutôt bien mais c'est un style dont j'ai un peu de mal à m'habituer... Mais c'est vraiment bien écrit et j'attends la suite !! Le dialogue entre les deux soeurs est vraiment super ! J'ai adoré !!
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Jeu 22 Mai - 20:40

Si ça vous tente. ça me défoule ce texte. J'aime bien l'écrire.


Eolia finit par rentrer, malgré les supplications de sa cadette. Elle lui offre un dernier sourire d’excuse puis monte se réfugier au chalet. Besoin vital de silence, comme en manque de solitude. Assise en tailleur sur le lit, elle songe, elle se souvient, elle oublie. Elle ne souhaite pas réapparaître, ne souhaite pas affronter les difficultés, la peine, ses remords. Elle s’en veut, trop pour l’accepter. Alors elle s’enfuit, comme toujours, elle plonge dans un tourbillon de sensations familières. Un peu de poudre pour un monde plus beau. Son corps s’est doucement affaissé sur le lit, elle plane. Les rivages qu’elle aborde lui plante un vague sourire niais au beau milieu du visage. Épuisée, elle finit par sombrer dans le sommeil.

Une jeune fille gît sur un tapis blanc, une jeune fille se meurt dans un silence froid. Son corps semble endormi, recouvert par un doux manteau immaculé. Ses yeux sont ouverts sur le ciel. Elle semble presque ahurie par cette immensité grise d’où tombent des flocons cotonneux. Un peu de rouge imprègne la neige. Mais le cou, n’est plus dans l’axe du corps. Petite vie tronquée, petit souffle envolé au bas d’une pente enneigée.
D’étranges hurlements ont déchiré la nuit, pas ceux des loups non, tout aussi effrayant pourtant. L’attente. Le cœur qui bat, les larmes qui brouillent les yeux, l’horreur qui doucement se répand dans l’atmosphère. L’attente, toujours elle. Encore du bruit, mais rassurant celui-ci. L’affolement. Les secours. Le corps découvert est sans vie, la nuque est brisée, tout autant que les personnes qui l’entourent, si ce n’est plus. Les mots sortent, discours préparés, trop sclérosé pour être crédible. Pas même rassurant. Dans la neige gît une luge, brisée, sur un rocher presque dissimulé. Dans l’hélicoptère, un corps s’envole. Dans son lit une jeune fille sourit.

***


Tonalité d’appel. Silence. Tonalité d’appel. Silence. Voix.

« Adéo… »

Une voix anéantie presque suppliante, l’autre étonnée, emplit de questions. La première qui tente de se justifier, elle ne voulait pas, ce n’est pas sa faute, elle ne savait pas, n’est-ce-pas ? La seconde qui se tait, ayant trop peur de comprendre.

« Qu’est-ce-que tu as fais ? »

Les larmes, la souffrance, même palpable au travers des mots, trop violente pour être contenue. Elle se sent responsable, elle émet nombre d’hypothèses, retourne en arrière, rejoue le passé avec des « si » et des « peut-être que… ». Elle s’embrouille, elle gémit, elle a mal. La voix masculine se fait ferme. La réponse est cinglante.

« Elle est morte, tu ne comprends pas, Swan est morte, chute de luge, nuque brisée, sur le coup, rien pu faire »

Les mots sont hachés, comme s’ils refusaient d’annoncer la vérité, comme s’ils voulaient démentir la réalité. La nouvelle fait l’effet d’une bombe. La voix se fait peinée, cherche ses mots, murmure, soupire, tente de rassurer. Entre sanglot et rire faux, entre peine et haine, entre vie et mort. Les minutes ont défilé sur le compteur d’appel, les heures se sont doucement enfuies, les larmes se sont taries. Le silence. Et sa bouche qui se ferme dans un dernier mot.

« Promis ».

***


Une nouvelle rage au cœur, un semblant de courage qui réchauffe son corps, une flamme qui vacille. Il n’est plus le temps des mots, il n’est plus le temps des regrets. Une lueur étrange allume son regard, une lueur de vie, lucide. Il a raison, pourquoi s’obstine-t-elle ? Quand on se trompe, quand on a faux, quand on ne cherche plus à comprendre, il faut partir. C’est sans doute radical, peut-être bien un peu lâche, oui. Mais sur le moment, ça sonne juste. Ça paraît doux. Ça apparaît comme une réponse sur un arrière plan surchargé de questions. Sa place est-elle ici ? Dans un cocon aux allures de nid de vipères? A-t-elle le droit de tout reprocher aux autres, de trouver les excuses qui rassurent pour continuer ses petits jeux dangereux d’adolescente mal dans sa peau ? Elle est perdue, un peu déconnectée, et vraiment sonnée, mais lucide. Alors oui elle part ! Elle les sidère, leurs cris le prouvent, et la gueule ébahit du co-directeur ou futur associé de son père_ peut importe_ elle s’en délecte. Elle est malade, malade d’espoir, malade de vie. Symptômes : courage, vérité blessante, rythme cardiaque rapide. « Merci Swan…» murmure-t-elle comme pour elle-même, son souffle se perdant dans l’air. La porte claque, derrière elle. Des pas précipités tentent de la rattraper. Son sac gène sa course jusqu’à la voiture, la ralentissant, accélérant le destin. Une main s’abat sur son épaule, violente, hargneuse. Ses genoux frappent la neige, y laissant leur empreinte. Elle gémit. Un torrent de vérités cascade au travers de ses lèvres trop longtemps scellées.

« Oh oui papa, certaine fois la vérité surprend ! Tu te croyais maître de tout ?! Regarde ta femme infidèle, regarde ce directeur avide… Mais surtout regarde moi papa, la joue rougit par ta main, car ce sera la dernière image que tu auras de moi ! ».

C’est un homme estomaqué auquel elle échappe, glissant sur la neige pour récupérer son sac et se jeter dans la voiture. Ses mains fébriles peinent à mettre le contact. Ses pieds jouent finalement avec les pédales, et la voiture démarre, en trombe. Un dernier coup d’œil dans le rétroviseur : « une scène d’un registre pathétique qui aurait certainement inspirée quelques auteurs en manque d’idées! ».
Un soupir résigné, un adieu muet. La route est sinueuse, le temps est brumeux, et quelques flocons commencent à parsemer le paysage. Le destin s’amuse, dissimulé. Eolia est perdue dans ses pensées, comme trop souvent. Swan, Adéo, un horizon nouveau. Elle rêvasse, elle s’imagine… Mais la vie n’épargne pas les rêveurs. La vie se venge, la vie attaque. Une plaque de verglas, les roues qui ne répondent plus, les pieds d’Eolia paniquent, tentant d’éviter le drame. Le choc. Comme au ralentit. Le blanc de la paroi qui se rapproche, indéniablement. Puis le trou noir. Noir.

***


Tout est calme, blanc, mais mes yeux sont fermés. Un battement de cil, lumière, mouvement de paupière, rapide. Je ne connais pas cet endroit. Séparations des longs cils bruns, la pupille se rétracte, l’œil s’habitue à ce nouvel environnement lumineux. Appréhension, découverte, le regard balaie rapidement la pièce, peu meublée, occupé par un second lit, vide. Et ce silence, trop pesant, trop étrange. Mes doigts tentent un léger mouvement et une perfusion apparaît dans mon champ de vision. Un léger haut le cœur, et un battement de cil pour oublier ce tuyau et le liquide qu’il infiltre en moi. Je suis dans un hôpital, et je ne me souviens de rien. Je referme les yeux, calmement, et Morphée m’accueille avec douceur. Le temps à sans doute passé, quelques heures ont dû s’écouler, peut-être même une journée. Mes yeux se sont rouverts sur ce même environnement dénué de son, dénué de sens, vide de vie. Sur ma droite, la porte s’est ouverte sans que je ne l’entende. Tenue blanche, sourire, air concentré, nez retroussé, une bouche fine qui s’ouvre pour découvrir des dents bien rangées. Une bouche qui retrousse ses lèvres et enchaine une chorégraphie de mouvements. Froncement de sourcil de sa part. Elle me parle ? Et voilà qu’elle recommence, faisant naître un léger malaise en moi. Je prends une courte inspiration et je me lance dans une phrase qui reste coincée au fond de ma gorge, ne laissant entendre que quelques grognements. La jeune femme m’observe, inquiète, s’affairant autour de moi sans que j’aie la volonté de suivre ses actions des yeux. Une seconde inspiration, plus longue, un raclement de gorge : « B’jour est m’est rrivé », ma gorge me brûle suite à cet effort. J’obtiens un franc sourire, et la chorégraphie reprends sur ses lèvres, complexe, rapide, muette. Des larmes perlent sous mes paupières, mes yeux se remplissent d’eau. Elle semble remarquer mon trouble et m’encourage à parler. Je n’en ai pas la force, pas encore. Je lui souris, et m’enfuis retrouver les bras tendres de Morphée.


Les informations ne m’ont été fournies qu’au compte-goutte, les médecins estimant que le choc aurait été trop grand, je crois. Prisonnière du silence, de mon silence, de cette absence de sons qui résonne en moi. Trouble. Comme préservée, mais prisonnière… d’un cocon doux. L' esprit s’envole loin, loin de cette chambre d’hôpital ou s’enchaine les passages d’infirmières. Régulier. Trop réglé. Visites de proches. Repas. Perfusion. Sommeil. Soins. Visite. Je me suis envolée, pas pour rêver, juste pour pouvoir mieux fuir. Réalité effrayante. Je me suis éloignée, mais c’est provisoire. Je crois. J’ai tout lâché, peut-être pour ne pas sombrer, peut-être par habitude. Aucune issue, juste l’enfermement, juste le silence. Se sentir faible, se sentir froide. Vide. Faible. Faim. Froid. Une litanie de mots qui perdent leurs sens. Une prière étrange. Un appel à une dame noire et voilée, une inconnue qui paraîtrait presque amie. Elle me rendait visite, de plus en plus souvent. Et je souriais, sûre d’une chose, il existait une issue. Il me faisait rire ces bonshommes en blouses blanches, au sourire blanc, au ton pâle. Leur stress post-traumatique lié à la perte d’un être cher, je l’emmerdais, je m’en moquais. La girouette qui leur servait de cerveau modifiant leur diagnostique aussi. Stress post-traumatique ou dépression, qu’importe ? Même si ce mot me plaisait. Étrangement noir, étrangement mélodieux. Petite sœur, prend patience. Il suffit juste d'attendre. Juste d'attendre.

Mais j’ai attendu, et j’ai perdu patience, perdu espoir. Je crois que je suis restée longtemps, perdue, seule dans le noir, dans le froid, dans ce monde rien qu’a moi. Je ne sais plus, à vrai dire je ne veux plus savoir, peut-être par peur de replonger. Je me souviens d’avoir beaucoup rêvé, je me souviens d’avoir beaucoup pleuré. Je revois mon visage, blafard et creusé par la fatigue, maigre. Je me suis vue, pour la première fois depuis longtemps, je me suis vue et j’étais morte. Je revois son regard. Brûlant. Ardent. Posé sur moi. Et ses mains agrippées au miroir. Le reflet flotte devant mes yeux, pâle. Je me souviens, je me souviens qu’il était là, qu’il est resté. Je me suis vue, mais à travers ses yeux. Et j’ai pleuré, de soulagement. Encore vivante.

J’aurai aimé crier, extérioriser ma haine, ma peine. Mes cris restaient muets. Mes larmes coulaient, coulaient, pour évacuer le mal qui me rongeait. Il était là, avec ce même regard, il était là, et il me serrait dans ses bras. Je ne le connaissais pas, avec la certitude étrange d’avoir connu son corps. Ses yeux, ses doigts, ses mains, son torse. Des courbes familières, rassurantes. Et une odeur. De nombreux visages ont défilés alors que le soleil retrouvait une petite place dans mon monde. Parents, amis, tous aussi désolés et plein de mots mièvres à la bouche. Ils se prétendaient reliés à moi. Je leurs souriais, déjà lassée. Qui étaient-ils ? Ils faisaient bourdonner mes oreilles, dissimulaient le soleil, m’empêchaient de respirer. Pourtant ils prétendaient m’aider, souhaitaient mon bien. Que voulaient-ils? Ils gesticulaient, ils parlaient, ils suppliaient. Pourquoi restaient-ils là? Ils s’agaçaient, élevaient la voix, se présentaient, encore une fois. Je ne les connaissais pas, et j’étais fatiguée, trop fatiguée. Alors j’ai supplié, de la seule façon possible pour qu’il comprenne, avec les yeux. Je ne sais pas pourquoi, mais je savais qu’il comprendrait. Il a sourit, d’un sourire tendre. Il m’a tendu un bloc et un crayon et il a murmuré : « il ne tient qu’a toi de t’exprimer, Eolia ». Les jours ont passés, les visites ont cessées. Pas les siennes.

Il s’appelle Adéo. Comment ? Pourquoi ? Je ne sais pas, mais ça lui va bien.
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MessageSujet: Re: Dans l'ombre d'un songe.. [ nouvelle ]   Aujourd'hui à 23:25

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